COMMUNICATION : conférence de Jacques RICOT avec la participation d’Alain ESSAYAN : EUTHANASIE : quelles réponses à de vraies questions ?

La conférence a eu lieu le mercredi 17 mars dernier à la Pergola du Théâtre Mac Nab à Vierzon . C’est devant un public intéressé de 80 personnes que Jacques RICOT, philosophe et Alain ESSAYAN, médecin, nous ont éclairés sur ce sujet :

La vie est Belle, Noble, mais fragile. Nous sommes des vivants jusqu’au bout.

Euthanasie, au sens littéral, signifie « bonne mort », le bien mourir.

« Euthanasia » chez les Grecs , c’est en gros les soins palliatifs donnés aujourd’hui : c’est « prendre Soin ».

Au fil des années la signification de ce terme a évolué ; et, s’il n’est plus employé au Moyen Âge,  il revient au XVII° siècle, mais ne signifie en aucun cas, à cette époque « donner la mort à quelqu’un ».

Aujourd’hui, il a pris une tout autre signification :

« l’euthanasie consiste dans le fait  de donner sciemment et volontairement la mort. Est euthanasie le geste ou l’omission qui provoque délibérément la mort du patient dans le but  de mettre fin à ses souffrances ».

La distinction entre « euthanasie active » et « euthanasie passive » est source de confusion.

  • L’expression « euthanasie active » sert à désigner la pratique d’un geste qui induit intentionnellement la mort par l’injection d’une substance létale.
  •  L’expression « euthanasie passive » renvoie à l’arrêt d’un traitement actif d’un traitement, dans l’intention de provoquer le décès.
  • La limitation ou l’arrêt d’un traitement, à la demande d’un patient, ou l’arrêt d’un traitement devenu inutile, n’est pas de l’euthanasie.

Cela revient à refuser l’acharnement thérapeutique, ce qui est autorisé depuis la loi Léonetti.

La différence essentielle demeure dans l’intentionnalité.

C’est ne rien faire dans l’intention de donner la mort.

C’est le refus de l’obstination déraisonnable avec l’arrêt des soins quand les maléfices sont plus importants que les bénéfices des soins.

La conséquence du geste est de respecter la vie jusqu’à son terme, pas de l’abréger.

Laisser mourir ne sera jamais équivalent à faire mourir .

Et laisser mourir implique un compagnonnage patient, difficile, modeste, parfois long, à l’opposé de la brutalité du geste, même enveloppé d’apparente tendresse, qui met fin volontairement à la relation humaine.

Comme on l’a déjà dit, laisser mourir exclut toute obstination déraisonnable et implique un combat sans restriction contre la douleur au risque même de hâter la mort, ce qui n’est pas la même chose que la vouloir. Cela exige donc un développement des soins palliatifs et de l’accompagnement qui ne soient pas réduits à une simple technique médicale, mais correspondent à un engagement éthique. Tâche aussi ingrate que noble, aussi discrète qu’indispensable et, sans doute, médicalement et scientifiquement peu gratifiante. Mais cette tâche est la marque du souci que l’homme porte à l’homme.

On a confondu « se faire soigner » avec guérir.

Le mot « Soin » ne désigne pas uniquement la guérison.

On parle aussi

  • d’ euthanasie directe : faire mourir délibérément
  • d ‘ « euthanasie indirecte » : c’est poser des actes médicaux qui vont faire venir la mort plus tôt. C’est soulager des douleurs même si ces actes médicaux doivent entraîner la mort plus rapidement. Ici, il ne s’agit pas d’euthanasie et le l’expression « euthanasie indirecte » est impropre puisque, dans la pratique de ces actes,  l’intention est de soulager et non de hâter la mort.

«  Les jours ajoutés aux jours n’ont plus de sens s’ils se vivent dans une extrême souffrance »

  •  Euthanasie volontaire : décidée, voulue par le mourant
  • Euthanasie involontaire : c’est quand la personne n’a pas été consultée, qu’elle subit.

On parle d’euthanasie quand un tiers soignant administre un produit dans  l’intention de provoquer la mort d’un patient. On sous-entend en général qu’elle est pratiquée à la demande du malade. Mais souvent, les familles ou les soignants sont à l’origine de la décision, sans que le patient en ait fait la demande.

Dans ce cas précis, la frontière entre l’homicide et l’euthanasie est floue.

On joue avec « l’interdit de tuer » et si on ne jouait pas avec cela « on prendrait soin ».

Quant au suicide c’est une liberté, pas un droit. Le suicide était assimilé à un homicide, ce qui explique sa répression.

Par suicide médicalement assisté, on entend l’administration par le patient, aidé d’un tiers, d’un produit à dose létale, dans le but de se donner la mort.

Le suicide assisté est décidé en conscience. A celui qui veut mourir, on donne les moyens de le faire sans l’inciter.

Deux courants ont surgi dans notre histoire :

  • abréger les souffrances et donner la mort.
  • travailler à soulager les fins de vie ; mouvement des soins palliatifs.

L’euthanasie ne doit pas être vue comme un dernier recours face une douleur physique et plus encore morale.

Les positions face à l’euthanasie sont souvent liées à des histoires personnelles.

La dignité, ce n’est pas une valeur subjective. C’est une valeur absolue, la valeur qu’a tout être humain, du simple fait qu’il est un être humain. La souffrance ou l’ état de dépendance dans lequel peut de trouver une personne ne peuvent altérer sa dignité. C’est parce que l’on ne supporte plus la souffrance que l’on supprime, au nom d’un travestissement du sens de la dignité, le souffrant.

Alors que la valeur de l’être humain est inaliénable, intrinsèque.

Soignants et bénévoles peuvent encore et toujours écouter et accompagner l’homme souffrant pour lui donner une meilleure qualité de vie : c’est cela l’engagement des Soins palliatifs.

« Ôter la vie de ceux que l’on aime, ce n’est pas un geste d’amour !

            Mourir pour ceux qu’on aime, oui, c’est un geste d’amour…. »

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Publié dans JAMA'VIE

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