« On ne devient pas écoutant pour se réparer soi-même »

Une magnifique émission (du 16/12/2015), « Sur les docks« ,  à (ré)écouter dans les Podcasts de France culture :

→ A l’écoute, un regard : les écoutants bénévoles 

Télécharger iTunes →iTunes1

 

Pierre Reboul est écoutant bénévole à l’association Jalmalv de Grenoble. Depuis bientôt 20 ans, il écoute les personnes seules qui cheminent vers la mort. Il s’écoute aussi. Beaucoup. C’est là sa discipline de vie.

Ce documentaire se place résolument du côté de l’écoutant (et non du malade). L’incroyable capacité d’accueil de Pierre est une chose presque insensible qui se joue certes dans les mots, mais surtout dans le silence et le regard, les gestes ou la tenue vestimentaire (« je ne porte jamais de vêtements noirs »). Comme si ce trop plein de deuils raffermissait son désir de vivre. Il parle de ses écoutes comme de « greffes de vie ».

Ils sont actuellement 5000 en France et si l’altruisme semble dicter la conduite de ces bénévoles pas comme les autres, les motivations secrètes, inconscientes, sont littéralement « traquées » par la psychologue de Jalmalv, Claire Pinet, notamment grâce à un groupe de parole .

On ne devient pas écoutant pour se réparer soi-même, même si la tentation est grande. La première question que pose Claire à ceux que la fonction attire est d’ailleurs sans équivoque : « quel sera votre salaire ? ». Les écoutants répondent sans fard.

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2 Commentaires

  1. Sylvie

     /  26 janvier 2015

    Tant de choses parlent dans ce beau témoignage, et ce bel article – dont ceci : « Comme si ce trop plein de deuils raffermissait son désir de vivre ».
    Oui, ne pas s’adonner au déni/tabou de la mort rend la vie gaiement belle ou bellement gaie… ou tout simplement permet de se souvenir qu’elle l’est.
    Sylvie

    Réponse
  2. Pierre

     /  31 janvier 2015

    Le texte de l’émission à partir de l’expérience de Pierre Reboul est vraiment parlant.
    J’ai aimé le regard porté sur les personnes visitées, concentré sur les « yeux » pour voir la personne comme une personne complète, même si son corps est diminué, amputé, méconnaissable.
    Pierre Reboul a d’ailleurs écrit un livre intitulé « Visiteur à l’hôpital et en maison de retraite », (Harmattan).
    Je l’ai lu il y a quelques années, au début de mon accompagnement, et je l’avais trouvé pratique, évoquant les questions concrètes qui se posent à l’accompagnant surtout débutant que j’étais… et que je suis toujours.

    Réponse

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