Bilan d’étape après 6 ans d’accompagnements à l’hôpital de Vierzon

A la dernière assemblée générale de Jamavie, il y avait une jeune femme, postulante à la formation prochaine. Au  moment du pot de l’amitié, nous avons échangé, et je lui ai dit qu’il y avait un vrai bonheur à accompagner des personnes en soins palliatifs, ou simplement en attente d’une relation vraie, comme c’est quelques fois le cas.

Le mot « bonheur » peut sembler excessif, et pourtant, je le maintiens.

J’ai rencontré tellement de fois des personnes merveilleuses, qui forçaient mon admiration. Dernièrement, c’est M, dame d’une soixantaine d’années, atteinte d’un cancer du palais qui la rendait difficilement audible, et qui disait « il y a des gens dont la maladie est bien pire que la mienne » ; C. que j’avais connue comme collègue, et qui m’accueillait avec le sourire, en me demandant des nouvelles de ma famille, alors qu’elle était à quelques jours de DCD, et qu’elle le savait ; Monsieur M, qui me disait « ça m’a fait du bien de vous parler, j’ai peur d’alarmer ma famille en disant ce que je ressens ».

Et combien d’autres…

Bien sûr, chaque semaine, les interventions sont différentes.

Quelques fois, ce sera davantage de la tristesse partagée, ou même de la révolte écoutée attentivement, mais le regard,  les gestes ou les paroles de remerciements qui les concluent sont monnaie courante…

Il y a aussi les relations avec les familles, qui sont souvent riches d’émotion : le grand fils d’une dame en fin de vie disant « J’avais une merveilleuse maman » et me permettant de la voir autrement qu’à ce moment, les gens dans la peine et qui ont besoin d’une tierce personne pour rejoindre leur grand malade…

Bien sûr, certains ne désirent pas l’accompagnant, et  le disent quelques fois en bougonnant, mais je leur dis toujours, « vous avez le droit de refuser ma présence », et je me retire, consciente que leur refus ne s’adresse pas à moi personnellement. (Je dois dire cependant que c’est une très petite minorité.)

Enfin, il y a les soignants, avec qui la relation se construit semaine après semaine, dans la confiance. Je n’oublie pas de leur faire retour des compliments que les malades font sur leur compte.

Sortant de l’hôpital, je me sens très souvent heureuse, enrichie de ces rencontres avec des gens qui m’ont  permis de voir le meilleur d’eux-mêmes, qui  sont allés à l’essentiel et avec lesquels j’ai eu la chance de goûter une relation vraie.

Annie

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