Poèmes

Combien me reste-t-il de printemps à semer

Quand le soleil levant dissipe la grisaille?

Perce-neige et crocus, plantés dans la rocaille,

Seront les tout premiers pour venir nous charmer

L’odorant seringa, le muguet, la jonquille,

Les arbres du verger, tout habillés de blanc,

Ecoutent, stupéfaits, la grive qui babille

Et les éclats de voix d’un merle conquérant.

Combien me reste-t-il d’étés à contempler

Quand la lune est propice au lever des semailles?

Les prés sont tout remplis de champêtres sonnailles.

Les taillis, les buissons de nids vont se peupler.

Le moineau pillera la fraise et la framboise.

Le discret chèvrefeuille embaume les matins,

La frêle campanule a des airs de bourgeoise,

Le rosier souverain exhale ses parfums.

Combien me reste-t-il d’automnes à subir

Quand septembre apparaît nous tenant ses promesses?

Les jardins, les vergers dispensent leurs richesses

Et l’ouest orageux nous frappe sans faiblir.

L’aronde se rassemble et la maison frissonne,

Notre parterre accueille un dernier papillon;

Quand tout devient muet, la nature s’étonne

Et le merle craintif se cache en son buisson.

Combien me reste-t-il d’hivers à redouter

Quand l’aquilon fougueux nous couvre de nuages?

Les oiseaux migrateurs quittent leurs pâturages,

Les bois tout effeuillés semblent se lamenter;

Les champs sont dépeuplés, la nature déserte,

Tout n’est plus que silence engourdi de frimas,

Plus un cri, plus un chant, toute chose est inerte,

Seul, le vent mugissant sévit avec fracas.

Puissent d’autres saisons m’accorder un répit,

J’aime où je vis heureux, j’admire la nature,

J’écoute les oiseaux, j’aime ce qui fleurit,

Mais, quand le temps viendra de l’ultime écorchure,

Fasse que le soleil qui toujours me sourit

Se penchera vers moi pour panser ma blessure.

 Poème de Jacques-Maurice Sutherland

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  • Bâtir des ponts

Voici l’histoire d’un père et son fils qui s’aimaient beaucoup et qui vivaient en parfaite harmonie sur leur terre à bois, jusqu’au jour où…

Un conflit éclata entre les deux.

Le père et le fils vivaient du fruit de leurs labeurs. Ils travaillaient et récoltaient ensemble. Ils avaient tout en commun.

Tout commença par un malheureux malentendu entre eux. Mais peu à peu, le fossé se creusa jusqu’au jour où il y eut une vive discussion entre les deux. Puis un silence douloureux s’installa et dura plusieurs mois.

Un jour quelqu’un frappa à la porte du fils. C’était un homme à tout faire qui cherchait du travail: – «Avez-vous quelques réparations à faire?».

– « Oui, lui répondit-il, j’ai du travail pour toi. Tu vois, de l’autre côté du ruisseau vit mon père. Il y a quelques mois il m’a offensé gravement et nos rapports se sont brisés. Je vais lui montrer que je peux aussi me passer de lui.

Tu vois ces pierres à côté de ma maison? Je voudrais que tu construises un mur de deux mètres de haut, car je ne veux plus le voir!».

– L’homme répondit: «Je crois comprendre la situation…».

Le fils aida son visiteur à réunir tout le matériel nécessaire. Puis, il partit en voyage le laissant seul pendant toute une semaine.

Quelques jours plus tard, lorsqu’il revint de voyage, l’homme à tout faire avait déjà terminé son travail. Mais quelle surprise! Le fils fut totalement bouleversé.

Au lieu d’un mur de deux mètres de haut, il avait plutôt construit un magnifique pont.

Au même instant, le père sortit de sa maison et courut vers son fils en s’exclamant:
– «Tu es vraiment formidable! Construire un pont après ce que je t’ai fait! Je suis fier de toi et te demande pardon.».

Pendant que le père et son fils fêtaient leur réconciliation, l’homme à tout faire ramassa ses outils pour partir.

– «Non attends! Lui dirent-ils. Il y a ici du travail pour toi!».

Mais il répondit:

– «Je voudrais bien rester, mais j’ai encore d’autres ponts à construire.».

Soyons des bâtisseurs de ponts entre les humains afin de faciliter leur réconciliation.

Ne construisons jamais des murs de séparation. Soyons des hommes et des femmes qui unissent et réconcilient.
Que la vie vous récompense pour : TOUS LES PONTS QUE VOUS BÂTIREZ!

Le pardon s’apprend à l’école de la vie

La PAIX dans le monde ne commence-t-elle pas en soi avant de rayonner autour de soi (conflits personnels, familiaux, de travail…)? Ainsi, on comprend mieux pourquoi, pour des raisons d’intolérance ou d’idées préconçues (de race ou couleur de peau, de langue, de religion, d’orientation, d’idéologie… ), qu’ on est prêt à se déchirer, s’affronter et même se faire la guerre.

Profitez d’un moment de quiétude ou de trêve pour donner une chance aux personnes qui vous sont chères afin de régler vos différents, vos querelles. N’attendez point que les autres fassent les premiers pas. Quelqu’un quelque part a besoin de vous!

La rancune mine votre santé et votre équilibre intérieur. Lâchez prise et libérez votre cœur, votre être d’un poids inutile en :

BÂTISSANT DES PONTS AUTOUR DE VOUS.

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  • Écouter

Écouter est peut-être le plus beau cadeau

Que nous puissions faire à quelqu’un…

C’est lui dire, non pas avec des mots,

Mais avec ses yeux, son visage, son sourire

Et tout son corps : tu es important pour moi,

Tu es intéressant, je suis heureux que tu sois là…

Écouter, c’est commencer par se taire.

Écouter, c’est accueillir l’autre

Avec reconnaissance tel qu’il se définit lui-même

Sans se substituer à lui pour dire ce qu’il doit être.

Écouter, ce n’est pas vouloir que quelqu’un

Soit comme ceci ou comme cela,

C’est apprendre à découvrir ses qualités

Qui lui sont spécifiques.

C’est être ouvert positivement

A toutes les idées, à tous les sujets,

A toutes les expériences,

A toutes les solutions, sans interpréter,

Sans juger, laissant à l’autre son espace

Et le temps de trouver la voie qui est la sienne.

Etre attentif à quelqu’un qui souffre,

Ce n’est pas donner une solution

Ou une explication à sa souffrance,

C’est lui permettre de la dire et de trouver

Lui-même son propre chemin pour se libérer…

Écouter, c’est donner à l’autre

Ce que l’on ne nous a peut-être jamais donné :

De l’attention, du temps, une présence affectueuse.

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  • Les mots que l’on ne dit pas

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Parce qu’on les a tus trop longtemps

Parce qu’ils rouvriraient nos blessures

Parce qu’ils sont trop lourds de colère

Et réclament une justice

Qui ne sera pas rendue

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Parce qu’ils rempliraient nos yeux de larmes

Parce qu’ils nous font trop peur

Parce qu’ils nous feraient mal

Parce ce qu’il est trop tôt

Ou bien qu’il est trop tard

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Parce qu’on a appris à se taire

Parce qu’ils  feraient désordre

Parce que de toute façon les autres

Ne les comprendraient pas

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Parce qu’on n’y pense pas

Parce qu’on n’a rien à se dire

Parce qu’on veut les oublier

Parce ce qu’on ne les pense plus

Et qu’on est fatigué

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Parce qu’on ne sait comment les dire

Parce qu’on n’a jamais appris

Parce qu’on ne peut que les écrire

Parce ce qu’ils sont contradictoires

Et que ce n’est pas permis

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Parce qu’on n’ose pas aller vers l’autre

Parce qu’il est dangereux d’aimer

Parce qu’on ne veut pas ôter son masque

Parce ce qu’on se sait tellement fragile

Et qu’on préfère  se protéger

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Parce qu’on  n’ose pas demander

Parce qu’on ne veut même plus rêver

Parce qu’on n’ose pas se toucher

Parce ce qu’il est trop tard,

Qu’on n’a plus rien à espérer

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Parce que ça bouleverserait l’ordre établi

Parce que ça obligerait à les entendre

Parce que ça ferait tellement de bruit

Parce ce que ça ouvrirait les vannes

Et qu’on a peur d’être noyé

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Alors qu’ils  déplaceraient les montagnes

Alors qu’ils ouvriraient portes et fenêtres

Alors qu’ils bâtiraient des ponts, des routes

Alors qu’ils feraient chanter la lumière

Et revenir la vie

Il y a

Les mots que l’on ne dit pas

Comment faisons-nous pour nous taire

De quoi pouvons-nous bien parler

S’il ne restait qu’une chose à faire

Ce serait d’enfin s’écouter ….

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  • Accompagner

Accompagner,

C’est un sourire qui se dessine

Un visage qui s’illumine

Un regard qui vous accroche

Dès la première approche.

Accompagner,

C’est rester humble et discret

Savoir garder sa neutralité,

Offrir son temps, sa présence

Pour que s’installe la confiance.

Accompagner,

C’est savoir écouter et entendre

Sans bruit savoir attendre,

C’est respecter leurs silences

Laisser venir les confidences.

Accompagner,

C’est savoir être disponible

Sans tenter l’impossible

Petit à petit cheminer

Et savoir se préserver.

Accompagner,

C’est à leur rythme, avancer

Pas à pas et à leurs cotés,

Trouver la juste distance

Tout doucement avec patience.

Accompagner,

C’est savoir donner et recevoir

Ni entretenir ni briser l’espoir,

Leur apporter de la douceur

Parfois partager les pleurs.

Accompagner,

C’est se protéger des émois

En donnant le meilleur de soi,

C’est avoir des moments privilégiés

En toute humilité.

Accompagner,

C’est risquer de ne pas les revoir

Chaque fois leur dire au revoir

Sans amertume, sans regret

Pouvoir partir en paix.

Martine C. – Bénévole 

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  • Le regard

Regarder, c’est plus que voir.

Dans le mot regarder, il y a le mot garder.

On garde une image de quelqu’un..

Regarder, c’est mettre tout son être en action.

C’est se mettre à l’affût de l’autre,

L’attendre, le guetter, le surprendre.

C’est lui donner toutes ses chances.

Un regard d’amour,

C’est fou ce que ça peut changer une vie.

Un regard de haine,

C’est fou aussi ce que ça peut détruire.

Il est des regards qui vous éveillent,

D’autres au contraire qui vous glacent.

Il y a  aussi des regards distraits

Qui vous effleurent à peine.

Mais il y en a d’autres qui vous font naître !

Ces regards ne vous jugent pas ;

Ils vous disent, complices :

« Mais vas-y, n’aie pas peur ! »

Ces regards vous aident

A vous risquer au-delà de vous.

Un peu comme le regard de Dieu,

Un Dieu qui vous aime,

Un Dieu qui pardonne.

Notre regard devient alors, à son tour,

Regard de bonté, de tendresse, de pardon.

Et nous voilà réconciliés avec nous-mêmes,

En paix avec les autres ,

Transformés à cause du regard de l’autre.

Artiste inconnu

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  • Comme un voilier part dans la lumière

Je suis debout au bord de la plage

Un voilier passe dans la brise du matin

Et part vers l’océan.

Il est la beauté, il est la vie.

Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse

A l’horizon.

Quelqu’un à mon côté dit :

« Il est parti ! »

Parti ? Vers où ?

Parti de mon regard, c’est tout….

Son mât est toujours aussi haut,

Sa coque a toujours la force de porter

Sa charge humaine.

Sa disparition totale de ma vue est en moi

Pas en lui.

Et juste au moment où quelqu’un

Près de moi dit «  Il est parti ! »

Il en est d’autres qui, le voyant poindre

A l’horizon et venir vers eux,

S’exclament avec joie :

«  Le voilà ! »  …

C’est cela la mort.

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  • Ce pays du silence

Si tu n’as jamais rejoint

Ce pays du silence où la voix parle;

Si tu n’as jamais marché

En aveugle à l’intérieur de ta nuit;

Si tu t’obstines à refuser

De détruire en toi ce qui doit l’être;

Si par peur de l’inconnu

Tu renonces à te laisser reconstruire;

Si tu n’es pas à ramper

Jour après jour

En direction de la source;

Tu ne recevras rien de ce qui se donne

A vivre dans la simplicité des mots.

Charles Juliet

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